Un camp de réfugiés aux portes de Vitry : « sans empathie, nous sommes foutus »

Il y a plus d’un an, l’Allemagne décidait d’accueillir 1 million de réfugiés principalement venant de Syrie, quand la France, décidait d’en accueillir 25000 en 3 ans. Quel piteux accueil, quand se joue en Syrie et dans les pays alentours une catastrophe humanitaire : 9 millions de déplacés, 2 millions de blessés et 500000 morts. Dans ce chaos, les premières victimes sont ces populations obligées de fuir leur pays, n’ayant plus que leur vie à perdre.

Seulement, ce qui nous paraît loin nous touche aussi chez nous. Aujourd’hui, il est question d’accueillir sur un terrain appartenant à la ville de Paris, situé à Ivry et à la limite de Vitry, 350 réfugiés, principalement femmes et enfants.

Et pendant que les maires de Paris et d’Ivry prennent une décision courageuse, l’on voit s’exprimer des mécontentements, des discours de peur et de haine. Le représentant du Front national à Vitry, souhaite que l’on chasse les nécessiteux. Il attise la peur du prochain, le mépris de l’être humain, mettant dos à dos les plus fragiles. Aucune solution dans sa besace pleine de fiel : juste une critique nauséabonde !

Le sénateur-maire d’Alfortville et le député-maire du Kremlin-Bicêtre, proclament leur scepticisme en s’inquiétant de l’impact sur nos villes, et comparent ce futur camp de réfugiés à l’ancien campement de Roms sur les quais d’Ivry. Pouvons-nous en tirer des leçons d’humanisme ?

Le Maire de Vitry, quant à lui, souhaite que la concertation soit faite avec la population. Cette concertation, qui devrait être la règle sur tous les grands projets de notre ville, doit dans le cas présent associer les habitants. Il s’agit de trouver les solutions pour  bien accueillir ces réfugiés, dans notre tissu urbain, associatif et économique. En bref, comment promouvoir la solidarité et la bienveillance, sans laisser personne au bord du chemin ?

Accueillir les victimes d’une des plus grandes tragédies de notre histoire actuelle nous honore. Elle nous donne un peu de dignité. Comme le dit très bien Jeremy Rifkin, il faut que l’on comprenne qu’une autre histoire que celle qu’on nous raconte est possible: « sans empathie, nous sommes foutus »

 

Frédéric Bourdon.

Conseiller municipal.

Président du groupe Vitry-en-mieux.

 

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